Quelles sont les compétences pour devenir un bon gestionnaire?

Quel est le piège dans lequel tombent de nombreux gestionnaires?

De nombreux gestionnaires ont été nommés à ce poste parce qu'ils travaillaient bien et faisaient preuve d'un grand engagement à l'égard de leur employeur. C'est tout à fait normal qu'on sélectionne des personnes qui ont eu de bons résultats et qui se sont investis. Toutefois, cela ne garantit pas que ces employés modèles vont devenir de bons gestionnaires ou de bons superviseurs.

Le réflexe fréquent de ces personnes est de baser leur stratégie de carrière sur leurs points forts:

  • "Je vais utiliser mon expertise pour être reconnu comme le responsable de l'équipe ; je vais m'assurer de pouvoir répondre à toutes les questions techniques que mes collaborateurs pourraient me poser".
  • "Maintenant que j'ai été promu, je vais encore plus m'investir dans mon travail pour démontrer que je mérite d'être le gestionnaire de l'équipe".

Et contrairement aux attentes, c'est parfois le début de l'échec...

Bien évidemment, je ne vous pousse pas à lever le pied ni à renoncer à votre expérience préalable, mais pour devenir un bon gestionnaire, vous serez amené à développer tout un ensemble d'autres compétences et habiletés.

Vous les découvrirez dans cet article.

 

 

Quelles sont les compétences à développer pour devenir un bon gestionnaire?

Les compétences à maîtriser sont très nombreuses ; pour vous aider à les retenir, celle-ci sont groupées en 5 familles:

  • Les compétences de communication
  • Les compétences relationnelles
  • Les compétences de leadership
  • Les habiletés organisationnelles
  • Votre résilience

 

Les compétences de communication

Communiquer de façon claire et avec impact

Quand vous pensez aux compétences de communication, la première idée qui vous vient sans doute en tête est la capacité à communiquer de façon claire et avec impact, c'est-à-dire à: 

  • Faire en sorte que vos messages soient clairs.
  • Vous assurer que vos collaborateurs, votre hiérarchie… vous comprennent.

 

Ecouter de façon proactive

Par contre, peu de gestionnaires pensent à une autre compétence de communication qui est essentielle: le développement d'une attitude d'écoute. Elle fait partie de ce que nous appelons les "9 oubliées", ces 9 compétences que peu de dirigeants pensent à développer, ce qui les mène parfois directement à l'échec.

Les gestionnaires, qui sont attentifs à obtenir l'engagement de leur équipe, développent une capacité à écouter de façon proactive, en:

  • Se montrant disponibles
  • Etant capable d’entendre, même ce qui leur déplaît (surtout ce qui leur déplaît)
  • Etant attentifs aux signaux non verbaux pour aider à exprimer ce qui doit l’être et éviter les non-dits.

 

Faire des demandes efficaces

Gérer des collaborateurs revient à leur faire des demandes (réaliser certaines tâches, adopter certaines attitudes...). Pour cela, vous serez amené à développer votre habileté à faire des demandes efficaces, autrement dit, à:

  • Développer votre impact en formulant vos demandes de façon efficace.

 

Donner des rétroactions mobilisantes

Dans certains cas vos demandes auront été satisfaites, parfois elles ne le seront que partiellement. Et pour aider vos collègues à être performants vous devrez pouvoir leur donner des rétroactions mobilisantes, ce qui nécessite de:

  • Valoriser le travail bien fait.
  • Signaler directement, calmement, de façon constructive quand un travail, une attitude ne conviennent pas.
  • Communiquer vos remarques de façon à aider la personne à s’améliorer.

Développer cette habileté, passe aussi (et d’abord) par votre propre capacité à recevoir une rétroaction de façon positive, constructive.

Notre expérience nous a montré que cette compétence est, elle aussi, souvent oubliée. C'est la raison pour laquelle nous abordons, dans notre formation de gestionnaire, les pièges à éviter lorsque vous donnez une rétroaction.

 

Gérer les conflits de façon constructive

Enfin, il est illusoire d'imaginer un monde sans conflits et si ceux-ci ne sont pas résolus de façon efficace, votre équipe pourrait perdre une énergie considérable. Aussi, il y a une autre compétence de communication essentielle, votre capacité à gérer les conflits de façon constructive. Celle-ci passe par le fait de:

  • Adopter une attitude neutre, constructive et proactive face aux conflits.
  • Permettre une résolution des conflits suivant les 4 axes du conflit*.
  • Eviter les pièges de la gestion de conflit: fuir, prendre parti.

* Les 4 axes de la gestion de conflit sont liés aux 4 différents styles de la gestion de conflit. Un conflit bien géré aborde chacune des 4 dimensions, idéalement dans un ordre donné.

Bien gérer les conflits est la troisième des "9 oubliées". En effet, de nombreux gestionnaires réagissent trop tard, ne restent pas neutres, se laissent envahir par des émotions mal gérées...

 


Les compétences de communication qui font partie des "9 oubliées":
1. L'écoute proactive
2. Les rétroactions mobilisantes
3. La gestion de conflit


 

Les compétences relationnelles

Créer des relations fortes

Certains gestionnaires sont tellement orientés résultats que leurs comportements et attitudes créent des relations négatives (ou des très courtes durées) avec leurs collaborateurs. En ce faisant, ils se privent de la première compétence relationnelle, la capacité à créer des relations fortes, pour:

  • Développer une relation de confiance réciproque avec chacun de leurs collaborateurs
  • Développer une collaboration gagnant-gagnant

 

Développement de son intelligence émotionnelle

Il est crucial de bien comprendre les besoins et les ressentis de ses interlocuteurs, et les siens, pour construire des relations de partenariat durables et constructives. Cela passe par le développement de son intelligence émotionnelle, ce qui vous permet de:

  • Comprendre les besoins et les ressentis de vos interlocuteurs.
  • Comprendre vos propres besoins et ressentis.
  • Développer une approche des autres qui soient stable émotionnellement et constructive.

Malheureusement, le développement de l'intelligence émotionnelle est notre 4ème oublié.

 

Développer son réseau

En finale, les compétences relationnelles servent à développer son réseau, une compétences qui consiste à:

  • Identifier les personnes qui sont porteuses des mêmes valeurs et des mêmes intérêts que vous.
  • Développer et faire vivre votre réseau interne à votre organisation et externe à celle-ci. 

 


La compétence relationnelle qui fait partie des "9 oubliées":
4. L'intelligence émotionnelle


 

Les compétences organisationnelles

Structurer et organiser le travail

En formation à la gestion de temps, une des plaintes les plus fréquentes que j’entends est celle des personnes qui se plaignent des changements de priorités incessants de leur manager. Pour éviter ces situations, un gestionnaire efficace doit apprendre à structurer et organiser le travail. Cela passe par votre habileté à:

  • Organiser le travail. 
  • Prioriser les projets.
  • Céduler les tâches de façon réaliste et équilibrée (avec une charge de travail homogène et adaptée aux compétences de chacun(e)).
  • Stabiliser l’organisation, faire preuve de continuité, être fiable.
  • Définir des objectifs SMART
  • S'assurer que ceux-ci soient clairs.

 

Déléguer de façon efficace

Avoir une vision claire de la structure, n'est rien si vous n'avez pas développé votre capacité à déléguer de façon efficace, c'est-à-dire à:  

  • Accepter de déléguer votre travail.
  • Vous focaliser sur vos propres tâches.
  • Communiquer clairement vos attentes, les moyens, les responsabilités, les contrôles.
  • Adapter votre style de délégation en fonction de l’expérience et de l’engagement de chaque collaborateur (ce qu’on appelle un "leadership situationnel") et de son style de leadership préféré.
  • Utiliser la délégation comme un moyen de motiver et de faire croître votre équipe.

De nombreux gestionnaires n'ont pas développé leur capacité à déléguer ; souvent ils nous disent: "ce sera mieux fait, si je le fais moi-même", "je perds plus de temps à déléguer qu'à faire moi-même"....

Cela fait de la délégation, notre 5ème oubliée dans les 9 compétences qui mènent à l'échec.

  

Gérer les risques

Nous vivons dans un environnement incertain et une compétence incontournable s'est ajoutée, depuis quelques années, à la panoplie des habiletés de leadership, la capacité à gérer les risques, c'est-à-dire à:

  • Les identifier.
  • Prendre les bonnes mesures pour gérer les risques en fonction de leur probabilité d’apparition et de leur impact potentiel.

 

Prendre des décisions

Il va de soi que, comme gestionnaire, vous allez être amené à prendre des décisions, une compétence qui semble aller de soi. Et pourtant! Bien développée, elle vous permettra de:

  • Prendre les décisions aux bons moments (éviter les coups de tête, ne pas procrastiner)
  • Utiliser les 4 critères pour une bonne prise de décision.*
  • Créer l’adhésion autour de votre prise de décision.

Pourtant, il existe 4 styles de prise de décision en fonction de votre profil de personnalité, chaque style a des avantages et des inconvénients. Le gestionnaire idéal s’inspire des avantages de chacun des styles en évitant leurs inconvénients. Hélas, peu de gestionnaires savent cela et ils utilisent principalement un des 4 styles ; savoir adapter son style de prise de décision en fonction des circonstances est notre 6ème oublié.

 


Les compétences organisationnelles qui font partie des "9 oubliées":
5. La délégation efficace
6. La prise de décision adaptée à la situation


 

Les compétences de leadership

Définir une vision et la partager

L’être humain tend à plus s’engager lorsqu’il a une raison profonde pour le faire. La première habileté de leadership consiste à répondre au « pourquoi » du travail. Cela se traduit par la capacité à définir une vision et la partager:

  • Définir une vision qui soit à la fois ambitieuse, réaliste et concrète.  
  • La partager, la faire vivre, susciter une adhésion totale.

Certains gestionnaires oublient de définir une vision ou le font d'une façon qui est peu motivante pour l'équipe. Définir une vision semble simple sur papier, mais le faire de façon à ce qu'elle parle à chaque membre de l'équipe (et aux différents types de personnalités) est autrement plus difficile dans la réalité. Cette compétence est notre 7ème oubliée.

 

Montrer l’exemple

Comme le dit l'expression, il est important que "les bottines suivent les babines". Un gestionnaire se doit de comprendre que montrer l’exemple est une vraie compétence. Celle-ci passe par la capacité à:

  • Avoir des comportements et attitudes qui soient le reflet de vos attentes à l’égard de votre équipe. Le fameux : « que tes bottines suivent tes babines ».
  • Parvenir à positiver et réagir de façon efficace en toutes circonstances.
  • Devenir la personne de référence vers laquelle on se tourne en cas de situation difficile ou de besoin.

 

Instaurer la confiance

Une des percées des neurosciences au niveau du leadership a été de prouver l'importance de la relation de confiance dans l'engagement et la motivation des collaborateurs. C'est une vraie compétence de leadership que de développer sa capacité à instaurer la confiance:

  • Montrer de la confiance en soi en toutes circonstances.
  • Démontrer de la confiance dans les autres en toutes circonstances.
  • Développer une attitude d’ouverture face aux difficultés, aux mauvaises nouvelles, aux avis divergents…

 

Faire preuve de charisme et d’impact

On parle souvent de leadership d'impact, de leadership d'influence, de leader inspirant. Tous ces termes font référence à une capacité essentielle: faire preuve de charisme et d’impact:

  • Développer une attitude qui « rayonne ».
  • Se positionner comme un leader inspirant.

 

Motiver l’équipe

Encore faut-il que ce charisme serve à motiver l’équipe, une autre compétence de leadership qui se traduit dans l'habileté à: 

  • Donner envie de s’engager.
  • Convaincre.
  • Aider à faire face aux moments de doutes ou de difficultés.

 

Adapter son style de leadership à chacun

Toutefois, il existe 4 styles de leadership, chaque gestionnaire a une préférence naturelle pour l’un des 4 (celle-ci dépend essentiellement de votre type de personnalité). Lorsque vous utilisez le style qui convient à un collaborateur, vous l'aidez à être plus performant et plus épanoui. Dans le cas contraire, vous pouvez démotiver en très peu de temps même les meilleurs collègues. Adapter son style de leadership à chacun est une compétence incontournable qui vous permettra de:

  • Identifier le style de leadership* préférentiel de chacun(e) de ses collaborateurs (trices).
  • Adapter sa communication, son style de leadership à chacun(e) de façon à l’aider à être efficace et épanoui.

Très peu de gestionnaires connaissent leur style de leadership privilégié et ils sont encore moins nombreux ceux qui savent l'adapter à chacun de leurs collaborateurs. L'adaptation de son style de leadership, notre 8ème oublié, est donc sans doute celui qui est le plus ignoré.

C'est un thème à améliorer chez de nombreux responsables au travers d'une vraie formation pour apprendre à adapter son style de leadership ; ce que nous appelons le leadership différencié. 

 

Faire grandir ses collaborateurs

Enfin, le stade ultime des compétences de leadership est la capacité à faire grandir ses collaborateurs. Celle-ci se traduit par le fait de:

  • Développer un style de leadership basé sur le coaching.
  • Aider chacun de ses collaborateurs à prendre conscience de ses points d’amélioration.
  • Les accompagner dans leur croissance professionnelle.
  • Oser s’entourer des meilleurs.

 


Les compétences de leadership qui font partie des "9 oubliées":
7. La définition d'une vision
8. L'adaptation de son style de leadership.


 

Votre résilience

La résilience se définit comme "l'Aptitude à faire face avec succès à une situation représentant un stress intense en raison de sa nocivité ou du risque qu'elle représente, ainsi qu'à se ressaisir, à s'adapter et à réussir à vivre et à se développer positivement en dépit de ces circonstances défavorables."

Source : office québécois de la langue française.

Devenir résilient passe par le développement d'une excellente gestion de stress.

 

Avoir une très bonne gestion de stress

La job de gestionnaire, ce n'est pas le fun à tous les jours, avoir une très bonne gestion de stress est essentiel pour continuer à prendre du plaisir, pour durer, car celle-ci vous permet de:

  • Identifier vos causes de stress
  • Gérer vos situations stressantes
  • Réagir de façon efficace en période de crise
  • Apprendre à relaxer, se détendre, récupérer.

 


La neuvième compétence oubliée:
9. Prendre soin de vous!


 

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Jean-Luc Dupont

Auteur
Formateur MBTI
Conférencier en leadership